Billet

Mardi 10 janvier 2012 2 10 /01 /Jan /2012 17:46


Quand le nombre fait loi

La révolution arabe, ou  « révolution 2.0 », comme l’a baptisée le blogueur égyptien Wael Ghonim , nous l’a démontré :  le citoyen peut renverser un régime en un printemps grâce à la notoriété et à l’effet du nombre sur les media sociaux. Ce n’est plus à prouver, ces derniers jouent un rôle dans la Stratégie Marketing de nos marques. Mais que peut-on attendre de ces nouveaux media ?
La dernière étude d’Insight  nous montre que 80% de ce qui se dit sur le produit dans les médias sociaux est positif… La course à la « notoriété positive » est ouverte. N’avez-vous pas comme moi le sentiment que les  performances des initiatives commerciales sur les media sociaux en particulier  se mesurent en  nombre de« like » ou en nombre de fans précédemment... ?
 
Mais ces initiatives sur ces sites vous font-elles rêver ? Jouent-elles ce rôle « aspirationnel» ?   Peut-être est-ce trop leur demander? Sans doute leur limite est-elle là et dès lors leur rôle ailleurs… A ce titre, l’étude d’InSites Consulting montre que les gens deviennent fans d’un produit….après l’avoir utilisé!

imagesLorsque je « like » une page d’un annonceur, je suis en somme enthousiaste… et rassuré. Rassuré de voir que comme moi, des centaines voir des milliers d’autres fans montrent leur adhésion à cette marque.  Ces comportements me rassurent, me confortement  dans le choix que j’ai posé et dans mon adhésion. Mais ces fans sont précisément des consommateurs (ou des fans rêveurs lorsqu’on parle de marque de luxe) comme moi. Pas mieux que moi et sans doute d’ailleurs un peu «moins bien »…

Delphine, Manceau, co-auteur de plusieurs ouvrages avec Philip Kotler, pose une nuance qui nous éclaire sur ce point dans son ouvrage « Le marketing des nouveaux produits - De la création au lancement » . L’auteur fixe deux types de leaders d’opinion. D’une part les leaders d’opinion qu’elle qualifie d’«hétérophiles », qui sont en somme différents du groupe cible dans la mesure où une expertise les sépare. Ils font « autorité »! C’est par exemple Raphaël Nadal qui me dit que grâce à sa raquette  de tennis X, il peut donner davantage de puissance à son revers à deux mains. Son statut d’ex Numéro UN mondial nous fait rêver certes et donne du poids à son discours mais quand on connait la valeur du chèque lié à son témoignage, la crédibilité de ses déclarations prend « un coup dans l’aile » et plus personne n’est dupe en 2012!  
L’auteur fixe ensuite une seconde catégorie de leaders d’opinion qu’elle qualifie à l’inverse d’ «homophiles» dans la mesure où ces dernies sont au même niveau hiérarchique  que moi, ils n’ont pas vraiment autorité. C’est l’exemple de mon voisin qui me vante les performances de sa nouvelle voiture. Qui est-il pour se prétendre un expert automobile ? Comme moi d’ailleurs il va travailler en train… Quel crédit accorder à son témoignage sachant cela ? Oui mais mon voisin n’a pas reçu un euro de la marque automobile dont il vante les mérites…et en ça son témoignage et son enthousiasme sont crédibles !!

Et c’est ce type de leaders d’opinion qui cliquent sur le « like », anonymes et « homophiles », ils sont comme moi ! Leur clic d’un jour me rassure, me conforte... mais ils ne me font pas rêver : pas cent, pas mille…et pas cent mille ! Ce ne sont pas ces like sur la page de ce dernier roadster qui viendront me faire fantasmer sur ce bolide pour lequel je craquerai un jour peut-être.
Lorsque nous débattions sur  ce thème du rôle aspirationnel des media sociaux au sein du Groupe Stratégique Francophone de STIMA, un membre du groupe  nous disait « mais les gens ne rêvent plus ! ».  Est-ce que ce constat et ce besoin de rassurance  expliquent le succès de ces nouveaux media ? J’ose croire que non….


Le rêve… dans le PAID Media

Le rêve est certainement créé est ailleurs….En tous cas il est porté par ce type de Media pour lequel l’annonceur va ouvrir son portefeuille … Pour reprendre la classification des media en PAID (le support que l’annonceur paye, de la créa à la diffusion), OWNED (votre site, votre POS, votre catalogue,… votre « Media Propriétaire » en somme)  et EARNED (ce que vous méritez,  ce qu’on dit de votre marque hors de votre sphère d’influence), le PAID a encore un bel avenir pour faire rêver les consommateurs.
C’est dans le Media  PAID que l’annonceur nous présente des modèles, dans des situations idéales et dans une sphère qui constamment nous échappe même si leur témoignage a ses limites.

Est-ce pour autant que les media sociaux ne peuvent remplir ce rôle? D’après moi ils ne DOIVENT pas remplir ce rôle. Leur valeur ajoutée est ailleurs !
Tout comme le media social n’est pas un canal qui appartient  la marque et à travers lequel l’annonceur peut se permettre d’inonder ses fans de messages promotionnels (trop d’annonceurs utilisent encore ce canal à cette fin), il joue un rôle « en aval » dans le processus d’achat. Il est clé dans une étape de recherche d’information peut être, de recherche de témoignages sûrement, voir dans un étape ultime de rationalisation post-achat. Là il prend tout son sens !

bjornjohn_bw-copie-3.pngEt pourtant, en se penchant sur la question, certaines initiatives d’annonceurs sur facebook tentent de créer du rêve, et en cela jouent tentent de lui faire jouer ce rôle aspirationnel.  Notamment quand Toyota Belgique tient informé ses fans étape après étape  des résultats de l’équipe Toyota dans le rallye Paris-Dakar nouvelle formule.

Mais la palme revient à ce site http://bjornlovesjohn.com que m’a conseillé Hugues Rey et à son initiative surprenante. A travers sa page facebook, la société de lingerie de Born Borg  a proposé à ses milliers de fans de trouver leur alter ego, leur pendant et leur opposé, comme Bjorn Borg et John McEnroe pouvaient l’être tout en cultivant respect et amitié. En répondant à ce test psychologique, vous découvrirez d’une part si votre attitude se rapprochait plutôt d’  « Ice borg » ou plutôt du terrible gaucher américain…tout en ayant la chance de rallier New York pour rencontrer la fameuse paire. Une initiative qui nous rapproche de nos modèles…Inspirant ?

Albert Derasse





Par Albert Derasse - Publié dans : Billet
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Samedi 26 décembre 2009 6 26 /12 /Déc /2009 19:17
1to1Lab_Logo_100x100.jpg
Cocorico, CITOBI, société que j’ai rejoins il y a peu spécialisée en Relationship Marketing, est à l’honneur avec ses 3 partenaires (Xerox, Stratégie et La Poste) dans le magazine BIZZ de Novembre.


Camille Van Vyve nous y relate le succès du 1:1 Lab mené pour d’Ieteren, importateur en Belgique de la marque VW. Il s’agit de comparer, dans le cadre d’un « Laboratoire » le retour sur investissement d’une communication standard de masse et celle d’une communication personnalisée. Pour cela, CITOBI a envoyé à la base de données de d’Ieteren une courte enquête sous la forme d’un e-mail afin, d’un part de connaître les intentions d’achats d’un nouveau véhicule dans les mois à venir, et d’autre part d’identifier à travers quelques questions segmentantes, les priorités des prospects… Comfort, performances, budget,… La promesse fut faite aux répondants, de recevoir dans les semaines suivantes un catalogue personnalisé reprenant les modèles répondant à leurs priorités et mettant en évidence les points qui leur semblent les plus importants. En parallèle, le même nombre de catalogue standard, non personnalisés a été envoyé à un nombre de prospects… et les résultats sont édifiants !

La brochure personnalisée a suscité 10 fois plus de visites en show room que le courrier standardisé de masse. Mais surtout les destinataires de ce courrier se sont rendus en concession avec une vue très claire le la voiture de leur rêve…ce qui a permis au concessionnaire d’aborder avec lui tout une série d’options et de services complémentaires qui sont souvent négligés lors de l’entretien de vente faute de temps. Avec un taux de conversion 3 fois supérieur au mailing non personnalisé. 10 fois plus de visites, 3 fois plus de visites convertis en vente… Je vous laisse faire le calcul par vous-même.
Par Albert Derasse - Publié dans : Billet
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Mercredi 28 octobre 2009 3 28 /10 /Oct /2009 20:35

 

En Octobre, Maes se fait un place dans nos « chez nous »; une véritable action guerilla jusque dans nos caves et nos frigos.

En effet, un spot radio annonce depuis mi-octobre que le brasseur belge propose d’échanger un bac vide «de n’importe quelle marque » contre un bac de 24 bouteilles (remplies ;-) de Maes.


Pour ça rien de plus simple…s’enregistrer sur  www.maes.be et présenter devant sa porte (surtout bien visible !!) le bac dont on veut se débarrasser en échange d’un bac de maes livré et remis à quelqu'un de plus de 18 ans.

 

Une courte analyse à 3 niveaux de ce que permet cette action…

 

D’abord un sampling ciblé vers les amateurs de bière qui sont dans un process de consommation régulière puisque qu’ils ont des « vidanges » chez eux. Un sampling de 24 bouteilles qui permet de se familiariser et de devenir accro à l’amertume d’une bière …brassée avec passion et consommé avec sagesse...

 

 Deuzio Maes offre en pâture ses concurrents…Quel image que ces bacs jaunes ou rouges qui seront abandonnés sur le trottoir par leurs propriétaires peu fidèles…et qui seront remplacés par le bac bleu ? Quel désaveu !!! Petit détail technique : Maes récupère le bac des vidanges qui sont valorisables auprès des distributeurs et voit donc le coût de son « sampling » fortement  réduit…

 

Last but not least Maes enrichit sa banque de données  de nombreux (20.000?) amateurs de bières  qui étaient prêt à faire le pas vers d'abandonner leur bière du moment... 12.000 d’entre eux recevront d’ailleurs l’occasion de le faire. Quant aux autres, fort à parier qu’Alken Maes saura comment créer un véritable relation personnelle qui les amènera vers la bière à l’étiquette bleue.

Par Albert Derasse - Publié dans : Billet
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Jeudi 23 juillet 2009 4 23 /07 /Juil /2009 16:22

 

 

 

« Think Global Act Local » au Sud du Pays

 

Le 6 Novembre 08, la société namuroise Expansion et le Groupe Stratégique Francophone de la Fondation Marketing organisaient les «  rendez-vous du Marketing » pour les clients et amis d’Expansion et pour tous les membres de la Fondation. Quatre ateliers de qualité étaient au programme.

 

Blanc mais pas neutre

Lors d’une de ces sessions, Gordy Pleyers, Docteur en Psychologie du Consommateur nous faisait partager sa passion pour le Marketing Sensoriel  ou « Comment étudier scientifiquement l'efficacité de son nom, logo ou packaging ». Il nous rappelait le pari fou d’Apple qui a introduit dans le monde du Hardware informatique et du hi-fi la couleur blanche jusqu’alors réservée aux produits de bas de gamme. Comme vous le savez, chaque couleur a son code en psychologie du consommateur…

Facteur de différenciation fort dans le cas cité puisque des écouteurs blancs dans les oreilles sont maintenant associés à la marque « à la pomme ». Pari gagné donc. Un signal de différenciation très fort  dans ce qu’on a coutume d’appeler les « brown goods »…

 

 

Ebay c’est aussi pour les petites entreprises

Lors d’un autre atelier, un responsable d’Ebay nous expliquait comment la plate-forme d’enchères en ligne se mettait au service des PME en leur offrant un espace de vente unique, sur mesure et flexible. L’auditoire voyait son aire de vente s’élargir et prendre des dimensions  internationales en tenant ses coûts sous contrôle et ses prix aussi puisque tout n’est pas soumis aux enchères. Le BtoB n’est pas négligé dans l’approche d’Ebay.

 

Enfin les ateliers laissaient la place à Philippe Hensmans, Directeur de la section francophone belge d’Amnesty International et un des 3 marketeers de l'année 2007 élu par la Fondation
Marketing. Ce dernier nous présenta la politique de communication choisie par son groupe et le succès qui l’accompagne.

 

La fin de l’interdiction de l’offre conjointe : de nouvelles perspectives… et votre communication « sous la loupe »…

 

Le 8 mai, notre groupe réagissait rapidement à l’actualité en organisant un midi du marketing exceptionnel sur l’offre conjointe, 15  jours seulement après que la Cour de Justice des communautés européennes ait rendu son arrêt obligeant la Belgique à lever l’interdiction sur les offres conjointes. On retrouvait parmi nos invités  du jour Gregory Sorreau, avocat au bureau Simont Braun et spécialisé en Droit Commercial, Eddy De Beucker Communications and Marketing Manager chez TOTAL (dont la TOTAL Assistance fera jurisprudence pour l’avenir) ainsi que Charles  Gheur, juriste à  la FEB qui plaidait depuis longtemps pour la levée de cette interdiction que seule la Belgique maintenait dans un paysage européen plus libéral.  Une session de deux heures animée sous la forme d’une séance de « questions réponses »  préparées par le groupe qui mettait sur le grill nos 3 invités.

Ils seront ensuite interpellés par l’auditoire qui profitera de l’occasion pour poser des questions plus ciblées et en rapport avec leur activité. C’est l’essence même de nos « midi du marketing » qui laissent la place à l’interactivité.

 

Gregory Sorreau nous retrace d’abord l’histoire de l’interdiction en Belgique de l’offre conjointe, héritage d’une loi pour la protection du consommateur de 1991. Il nous donne ensuite des exemples d’exceptions permises au regard de la législation belge. Parmi d’autres exceptions,  la vente du produit principal et de son accessoire ou de son emballage était déjà permise.  Restait à savoir si une boîte de balles de tennis et une raquette étaient considérées comme formant un ensemble…vaste débat

 

Enfin, il informe  la centaine de personnes présentes de la nouvelle législation en la matière.    Retenons que l’offre conjointe est permise et que son application est directe sans adaptation au préalable de la législation nationale.  Est-ce que ceci signifie que toutes les offres conjointes sont désormais permises ? Certainement pas. Soulignons que la communication ne devra en être que plus claire, au risque d’être qualifiée de « pratique commerciale trompeuse, agressive ou déloyale » au sens défini par la directive. Copy sortez vos plus belles plumes… le tout sera maintenant une histoire de communication claire et limpide.

 

On n’a jamais vendu autant de parfum que pendant la guerre

 

Le 12 juin, Vincent Bastien et Jean-Noël Kapferer nous ont donné rendez-vous autour des produits de luxe dans cette atmosphère de crise économique.

Les deux auteurs de l’ouvrage « Luxe oblige» et conférenciers du jour se complètent parfaitement. Jean-Noël Kapferer théoricien hors pair cadre le propos,  Vincent Bastien nous fait profiter de son expérience. Il a entre autres été le patron d’Yves Saint Laurent himself…chez Yves Saint Laurent, de la société Louis Vuiton avant qu’elle soit LVMH et j’en passe. Les deux enseignent actuellement à HEC Paris.

 

Les orateurs du jour, pour illustrer ce qu’est le luxe, font des liens vers le chinois et le sanscrit qui écrivent « luxe » avec des caractères qui mettent celui qui a le luxe dans une « relation à l’autre ». En chinois, les caractères 奢侈 nous montrent un grand homme (à gauche) face à d’autres (à droite)…  révélateur. En sanscrit, le luxe « vitasar » est lié à la notion  d’  « éblouir ». C’est confirmé, le luxe crée l’écart universellement.

 

Qui domine qui ?

On retiendra  que les auteurs conseillent de dominer le client, sans arrogance. Inversez le rapport… Le client doit mériter votre produit. Il faut garder avec lui une distance qui sera préservatrice de l’aura du mystère. Entretenir une relation avec l’acheteur oui mais en sens unique, tel un client ébloui qui découvre les créations de l’artiste. Le client n’est pas impliqué dans la création. Sur ce point on est aux antipodes du « marketing relationnel/participatif » qui grandit dans le marketing traditionnel!

Dans le même esprit, le client d’une marque de luxe comprendra qu’une production est limitée et donc s’armera de patience. Plusieurs années d’attente  pour la livraison d’une Ferrari qui répond à ses souhaits …il comprendra et son désir n’en sera que plus grand.  On est loin encore une fois du marketing traditionnel qui met ses produits surtout « très vite et partout » à disposition.

 

Parfait sans être lisse

Les voitures de luxe ne tombent-elles jamais en panne ? Les montres de luxe ne  retardent-elles pas? Le produit de luxe ne se situe plus dans le champ du fonctionnel, mais bien dans celui du symbolique dès lors…ces désagréments ne sont que des détails.

Jean-Noël Kapferer et Vincent Bastien nous  font découvrir une nuance parfois difficile à saisir: le produit de luxe sera « parfait sans être lisse ». Sa fabrication artisanale permettra la différence; celle-ci (une couture en plus, un ciselage irrégulier) participera à son unicité et sera la trace de la main de l’artisan qui lui a donné vie. 

 

Georges cède la place

Les auteurs de « Luxe oblige » nous mettent également en garde. Une marque de luxe n’a pas besoin de star, d’égérie. Ce serait faire aveu de faiblesse…sauf sous la forme de testimonial sincère. L’art consiste à montrer des gens extraordinaires  ayant une utilisation quotidienne  de ces produits de luxe, confirmant  le statut de produit courant pour des gens exceptionnels. On n’est pas du tout ici dans une mise en scène du produit de luxe.

 

La marque de luxe est courtisée par les stars ; la Star c’est la marque.  Nespresso a mis en scène ce postulat dans ses derniers spots publicitaires puisque Georges Clooney se fait « voler la vedette » auprès d’une belle femme par une capsule du café éponyme.

 




Le marketing a plusieurs visages dans notre groupe

 

Des moments forts, nous en connaissons lors de chacune de nos réunions mensuelles. Après une préparation rapide mais non moins efficace  de nos «  midi marketing », l’un d’entre nous dispose d’une vingtaine de minutes pour présenter au reste de l’assemblée son activité. Une richesse puisque les membres du Groupe Stratégique Francophone, tous hommes et femmes de Communication et Marketeer n’en viennent pas moins de domaines tout à fait divers.   Chacun voit lors de ces réunions mensuelles une manière de présenter sa société de façon plus structurée qu’en fin de soirée autour d’un dernier verre... Même si c’est là parfois que les idées jaillissent…Pourvu qu’on s’en souvienne le lendemain.

 

Une année académique pleine, riche ; personnellement ma première au sein du groupe où j’ai rencontré des professionnels ouverts, avides de partager leur connaissance sans mesure, avec beaucoup d’enthousiasme et d’humour. Merci.

 

 

 

Albert Derasse

Les membres actifs actuels

André Blouard, Jean-Pierre Brion, Pascale Cambie, Alexandre Cassiman, Annie Courbet, Claude de Geynst, Olivier Decroupette, Albert Derasse, Vincent Dewez, Xavier Jadoul, Catherine Mouton, Nathalie Prieto, Pierre Ralet, Ante Rimac, Serge Schmitz, Martin Snoeck, Catherine Tricot, Bertrand van den Dooren, Yoni Szpiro.

Par Albert Derasse - Publié dans : Billet
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Lundi 22 décembre 2008 1 22 /12 /Déc /2008 14:57

 

 

Avec la Wii®, Nintendo® nage en plein Océan Bleu…

 

Rappel ou découverte….  Chan Kim et Renée Mauborgne, les auteurs de la « Stratégie Océan Bleu» nous guident dans leur ouvrage sur le chemin qui mène vers de nouveaux Espaces Stratégiques.  Ils y présentent tout d’abord les concepts de « canevas stratégique » et de « courbe de valeur » qui sont des outils de diagnostique de la position relative de la société ou du produit par rapport aux critères qui représentent le marché.

Ensuite les auteurs nous invitent à atténuer, renforcer, exclure et enfin créer certains critères qui permettront à l’entreprise de dessiner une « courbe de valeur » vraiment différente qui la fera pénétrer  dans un nouvel Espace Stratégique.  Pour créer ces critères qui permettent une innovation de rupture, 6 pistes sont proposées au marketeer ou au stratège.

 

1.      Explorer les solutions alternatives présentes sur le marché. Kim et Mauborgne nous invitent à une réflexion transversale. A travers une solution alternative, tant la forme que les fonctionnalités sont différentes, mais le but est de satisfaire le même besoin.

2.      Explorer les différents « groupes stratégiques » du secteur. Cette expression désigne chaque ensemble d’entreprises d’un même secteur qui suivent une stratégie similaire. Les auteurs invitent alors à se poser la question : « qu’est-ce qui pousse les clients à changer de groupe, en sens ascendant ou en sens descendant » ?

3.      Explorer la chaîne des prescripteurs-acheteurs-utilisateurs. Ils nous invitent à considérer différemment ces 3 acteurs et au besoin à envisager de changer de cible, ce qui passe par une modification de l’offre faite.

4.      Explorer les produits et services complémentaires. La tâche primordiale est donc de (re)définir la solution d’ensemble que recherche le client.

5.      Explorer le contenu fonctionnel ou émotionnel du secteur. Les secteurs d’orientation plutôt fonctionnels peuvent enrichir des produits en apparence banals en y injectant une dose d’émotionnel et inversement.

6.      Explorer le temps par projection des grandes tendances. Cet exercice, qui consiste à imaginer l’avenir, est peut-être le plus difficile de tous. Le but est plus modestement d’extraire du sens des tendances déjà observables.

 

 

Les concepteurs de la console à succès de Nintendo® ont, consciemment ou pas, mis en œuvre les pistes proposées par Kim et Mauborgne, les auteurs de « la Stratégie Océan bleu » lors du développement de cette innovation. Mais d’abord quelques précisions pour les non «gamers »…

Nintendo a introduit avec la Wii® une console de jeux complètement atypique. La technologie développée reconnaît à distance et sans fil les mouvements en 3 dimensions des joueurs. Ces derniers tiennent une télécommande  qui retransmet dans le système leurs mouvements dans l’espace. La technologie permet donc de jouer par exemple au bowling en y reproduisant le vrai mouvement d’un lancer de boule.

 

 

Le principe est déclinable à l’infini et Nintendo ne s’en prive pas. Avec la Wii Fit® qui est une sorte de « plateau balance » sur lequel le joueur se place, sa position d’équilibre est analysée. Ceci lui permet de faire divers exercices de remise en forme allant du yoga au hula-up en passant par l’aérobic.

 

Avant de se pencher sur les pistes effectivement exploitées, faisons remarquer qu’avec sa console, Nintendo® a touché ce que Kim et Mauborgne appellent les clients imminents, les antis et les inexploités.

Elle a touché les premiers en intéressant les «gamers» ne jurant que par la Playstation® de Sony®, et autres jeux sur PC. Chez ces derniers, les jeux video avaient déjà fait leur apparition dans leur foyer. Ils ne s’étaient pas encore tournés vers Nintendo® car avaient jugé l’offre jusqu’alors trop semblable à ce qu’ils connaissaient ou même moins qualitative... Ils ont craqué pour la Wii® parce qu’elle propose une innovation de rupture avec ce qui se faisait déjà et ce qu’ils avaient donc.

 

Mais Nintendo® ne s’est pas arrêté là, les créateurs de la console ont touché une partie de la population des anti, ceux qui trouvaient que les jeux vidéos rompaient le lien familial, isolaient le joueur et le laissaient statique face à son écran. Ils ont su les convaincre car la Wii® apporte précisément une réponse à leurs raisons de rejeter les jeux vidéos. La Wii® est une console «sociale» qui oblige le mouvement et encourage au jeu en équipe, entre amis et mieux encore en famille.

 

Enfin ils ont su toucher ceux qui comme moi sont les inexploités. Loin d’être contre les jeux video, je ne m’étais jamais senti tenté d’en acheter un pour PC et encore moins une console à 250€. Jamais concerné, jamais atteint par les messages que j’avais reçus jusqu’alors…

 

Consciemment ou pas, Nintendo® a utilisé plusieurs des pistes qui sont proposées par Kim et Mauborgne dans leur Ouvrage sur l’Océan Bleu pour développer sa console à succès…la Wii®. Ils ont su, grâce aux 6 pistes proposées par les auteurs, créer des critères de différenciation qui les ont menés vers une nouvelle courbe de valeur. Essayons d’en deviner quelques-uns. Cette liste est incomplète et nul doute que des amateurs de jeux video qui se seraient penchés sur la théorie de la Stratégie Océan bleu en trouveront d’autres…

 

Explorer les solutions alternatives présentes sur le marché.  La Wii® offre une alternative au jeu d’extérieur et au jeu de société.  Par rapport à ces derniers, tant la forme que les fonctionnalités sont différentes mais le but est finalement de satisfaire le même besoin: se défouler pour le premier, passer un moment agréable et rigoler entre amis pour la seconde.

Le raisonnement est le même avec la Wii® fit qui « propose de garder la forme tout en vous amusant ». Avec cette variante, Nintendo® rentre dans la sphère des Home Trainers et autres programmes de fitness en y ajoutant une notion de fun seul ou entre amis qui manquait à ces «engins de torture familiers».

 

 

Bref, quand on considère la concurrence, il faut définitivement laisser tomber les œillères, avoir une vue large de la concurrence, ne pas s’arrêter pas au concurrent direct, sortir du cadre concurrentiel.

 

Explorer le contenu fonctionnel et émotionnel du secteur. C’est le cas puisque dans cette époque de « customisation », c’est votre « avatar » personnel qui joue...  Vous l’avez construit, lui avez donné un look, un physique,…Il peut même vous ressembler physiquement ou au contraire être ce que vous n’êtes pas. La Wii® conscientise le joueur également en lui demandant régulièrement très sagement s’il n’est pas temps de faire une pause, de quitter le jeu un moment… En outre, tout au long de sa chaîne de valeur la Wii® trouve des fans qui  mettent leur énergie et leur enthousiasme, bref leurs émotions, à la concevoir, la vendre et surtout à la recommander…

 

Mais Nintendo® au su aussi définir la solution d’ensemble que recherche le client. C’est un des points forts de Wii® également dans la mesure où la console reliée à la grande toile par Wi-Fi permet d’acheter des jeux en ligne, de télécharger des variantes à souhait,…

 

Avec la Wii® Nintendo® quitte l’Océan rouge de la concurrence pour les eaux claires de l’Océan bleu. Mais Domyos de Decathlon tente de l’y rejoindre. Un océan bleu ne reste pas toujours limpide très longtemps…mais c’est une stimulation à Innover davantage !

 

Par Albert Derasse - Publié dans : Billet
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Samedi 22 novembre 2008 6 22 /11 /Nov /2008 16:50

 En août, alors que le dernier album date de 15 ans et que le suivant est en préparation depuis 10 ans,  Dr Pepper avait lancé ce pari: «si le groupe sort un nouvel album avant la fin 2008, Dr Pepper offrira une canette à chaque Américain… » soit plus de 300.000.000 de canettes. En parallèle, depuis le mois d’août, la marque de Soda américain propose des concours avec des gadgets à gagner.

Puisque l’album Chinese Democracy sortira demain 23/11/08,  Dr Pepper va s’exécuter. Mais la boisson à la cannelle la joue « petit bras » puisqu’elle va proposer un «voucher» à télécharger sur son site et à remettre à un détaillant. L’action n'est que durant valable durant 24 heures, ce qui devrait réduire la charge financière liée à l’opération.

 

Quoiqu’il en soit l’effet Buzz est au rendez-vous pour un investissement qui reste limité face à l’ampleur de la communication indirecte.  J’en veux pour preuve ce sujet que l’on trouve dans la presse et sur de nombreux blogs de par le monde.

 

Là où on soupçonne la manipulation, c’est quand on sait que les deux protagonistes travaillent avec la même agence de RP…

Par Albert Derasse - Publié dans : Billet
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